Localisation précise des mines sous-marines résiduelles détectées par les drones sous-marins

3 octobre 2026

Repérer une mine ancienne enfouie ou posée sur le fond marin demande plus qu’un simple signal acoustique. Les drones sous-marins combinent sonar, navigation autonome et traitement des données pour produire une localisation exploitable par les équipes de guerre des mines.


Le programme français SLAM-F associe plusieurs moyens complémentaires, dont le système franco-britannique MMCM et ses futurs drones AUV NG. Comprendre comment ils détectent, géoréférencent et classifient une menace aide à mesurer leur apport concret à la sécurité maritime.


A retenir :


  • Détection acoustique détaillée des objets suspects
  • Localisation sous-marine intégrée aux données de mission
  • Confirmation des contacts avant toute intervention
  • Réduction de l’exposition des équipages aux zones minées

Comment les drones sous-marins localisent les mines résiduelles


Une fois la zone définie, la première étape consiste à détecter les anomalies du fond sans exposer directement les plongeurs. Le MMCM s’appuie sur un drone de surface, un sonar remorqué, trois AUV et un robot téléopéré.


Du sonar de détection à la cartographie des fonds marins


Dans cette architecture, le sonar recueille des échos que le système de mission M-Cube rassemble et organise. Un sonar à ouverture synthétique comme le SAMDIS 600 produit des images détaillées, avec plusieurs angles de vue lors d’un même passage.

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Selon Thales, cette représentation multi-vue améliore l’analyse des objets détectés, car leur forme apparaît sous différents angles. La cartographie des fonds marins sert alors à distinguer un contact suspect d’un relief naturel ou d’un débris ordinaire.


« Obtenir en une seule passe des images à partir d’angles multiples. »

Thales


Le géoréférencement des menaces et la précision des contacts


La détection ne suffit pas : chaque écho doit être associé à une position cohérente pour permettre une vérification ultérieure. La navigation autonome du drone et les données de mission contribuent au géoréférencement des menaces et à la création d’une carte exploitable.


Selon le ministère des Armées, l’AUV NG est conçu pour détecter et classifier les mines dans un format compact. Cette distinction entre repérer, localiser et classifier évite de traiter chaque anomalie comme une menace confirmée.


Repères utiles pour interpréter les données acoustiques :


  • Écho sonar : anomalie enregistrée pendant le parcours
  • Contact : objet d’intérêt à examiner sur l’image
  • Coordonnée : position associée au contact détecté
  • Classification : estimation de la nature de l’objet

Élément Rôle dans la mission Résultat attendu
Sonar remorqué Balayage acoustique de la zone Repérage des anomalies
AUV NG Exploration autonome du fond Images détaillées et contacts localisés
M-Cube Coordination des moyens de mission Données réunies pour l’analyse
ROV Intervention téléopérée sur un contact Vérification ou action spécialisée


Cette chaîne transforme une mesure acoustique en information opérationnelle ; reste à comprendre les capacités concrètes des nouveaux appareils.

AUV NG : dimensions, autonomie et capacités de détection

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Après la cartographie initiale, un appareil plus compact peut inspecter les contacts avec davantage de détail. Le ministère des Armées a annoncé à Euronaval, le 7 novembre 2024, l’achat de huit AUV NG auprès d’Exail, avec une option pour huit appareils supplémentaires.


Un drone compact conçu pour les opérations de guerre des mines


L’AUV NG dérive d’une version modifiée de l’A18-M et doit embarquer le sonar SAMDIS 600 de Thales. Selon les caractéristiques communiquées, il mesure cinq mètres, pèse 500 kilogrammes et peut opérer jusqu’à 300 mètres de profondeur.


Son autonomie annoncée atteint dix heures par mission, tandis que son diamètre est de 47 centimètres. Ces données décrivent un appareil destiné à recueillir des informations sous-marines sans remplacer les équipes chargées de décider de la conduite à tenir.


« Une nouvelle étape majeure dans le renouvellement de la capacité de guerre des mines de la Marine nationale. »

Ministère des Armées


Des performances à replacer dans le calendrier du programme


Le développement de l’AUV NG a commencé en 2023, avec la DGA, la Marine nationale, Exail et Thales. Les premières livraisons sont prévues au premier semestre 2028 ; elles ne doivent donc pas être présentées comme une capacité déjà disponible en 2026.


Le système s’inscrit dans le SLAM-F, qui comprend aussi les bâtiments de guerre des mines, les bases de plongeurs démineurs et le SEDGM. Le MMCM, lancé en coopération franco-britannique en 2015, constitue l’un des piliers de cette organisation.


Principales caractéristiques annoncées pour l’AUV NG :


  • Masse : 500 kilogrammes
  • Longueur : cinq mètres
  • Profondeur opérationnelle annoncée : 300 mètres
  • Autonomie en mission : dix heures
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Échéance ou élément Information communiquée
Début du développement 2023
Annonce d’acquisition Euronaval, 7 novembre 2024
Commande ferme annoncée Huit drones AUV NG
Option annoncée Huit appareils supplémentaires
Premières livraisons prévues Premier semestre 2028


La performance annoncée dépend aussi de l’analyse logicielle et de la capacité à coordonner les appareils pendant une mission réelle.

De la localisation sous-marine à la neutralisation des menaces


Une position précise prend toute sa valeur lorsqu’elle peut guider une vérification sans envoyer un équipage dans la zone dangereuse. Le MMCM associe ainsi drones autonomes et véhicules sous-marins téléopérés dans une chaîne de détection et d’intervention.


La complémentarité entre AUV et robot téléopéré


L’AUV explore et relève les contacts, tandis qu’un ROV peut être dirigé à distance pour examiner un objet désigné. Cette répartition limite l’exposition humaine et permet d’adapter l’intervention au niveau de risque identifié.


Selon le ministère des Armées, le MMCM doit pouvoir détecter de petits objets, cartographier les fonds et neutraliser des mines jusqu’à 300 mètres. La détection et la neutralisation restent toutefois deux phases distinctes, conduites selon les procédures opérationnelles.


« Détecter et classifier les mines dans un format compact et une architecture sécurisée. »

Ministère des Armées


La coordination des données au service de la sécurité maritime


Le logiciel Mi-MAP, associé au SAMDIS 600, exploite des algorithmes d’intelligence artificielle pour aider à analyser les images de mission. Selon Thales, cette combinaison vise à renforcer la détection et la classification, sans supprimer la validation humaine des contacts.


Pour un commandement, une carte géoréférencée permet de prioriser les secteurs, de transmettre les coordonnées et de planifier une inspection complémentaire. La sécurité maritime repose alors autant sur la qualité des données que sur la coordination entre capteurs, opérateurs et moyens d’intervention.


Les éléments déterminants pour exploiter une localisation :


  • Coordonnées cohérentes avec la navigation du drone
  • Images acoustiques conservées pour comparaison
  • Classification révisable par les opérateurs
  • Transmission des contacts aux moyens d’intervention

« Le système réunit détection, classification et localisation des menaces. »

Ministère des Armées


« Les performances visent à accélérer le tempo et l’efficacité des opérations. »

Thales


La localisation précise des mines sous-marines résiduelles dépend donc d’une chaîne complète : mesure, cartographie, interprétation et intervention coordonnée.

Source : Ministère des Armées, annonce d’acquisition de huit AUV NG à Euronaval, 7 novembre 2024 ; Ministère des Armées, informations sur le programme SLAM-F et l’AUV NG ; Thales, informations sur le sonar SAMDIS 600 et le logiciel Mi-MAP.

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